De courtes nuits de sommeil dès 50 ans augmenteraient le risque de développer plusieurs maladies chroniques 07/11/2022 Alix de Reynal Une équipe de recherche de l’Inserm et d’Université Paris Cité en collaboration avec l’University College London (Angleterre) a examiné comment la durée du sommeil à 50, 60 et 70 ans est associée à l’évolution des maladies chroniques au cours du vieillissement chez 7 000 hommes et femmes. Ils ont pour cela utilisé les données de 7 000 britanniques collectées dans le cadre de l’étude Whitehall II[1] de l’University College London. Pixabay® Les participants ont effectué une auto-évaluation de leur durée de sommeil à plusieurs reprises entre 1985 et 2019, tandis qu’un groupe de 4 000 participants a porté une montre connectée pendant une semaine, ce qui a permis d’avoir des mesures précises. Ces données ont été croisées avec des données sur leur état de santé obtenues lors de leur suivi [2] jusqu’en mars 2019. Les résultats obtenus suggèrent d’abord qu’il existe une association robuste entre une courte durée de sommeil (inférieure ou égale à 5 heures) aux âges de 50, 60 et 70 ans et un risque plus élevé de multimorbidité de l’ordre de 30 à 40 % en fonction de l’âge. Les chercheurs ont également observé qu’une courte durée de sommeil à l’âge de 50 ans était associée à un risque accru de 20 % de développer une première maladie chronique, et à un risque accru similaire de multimorbidité parmi les personnes qui avaient déjà développé une première maladie chronique. Ces résultats pourraient expliquer le risque augmenté de décès de l’ordre de 25 % observé chez les personnes âgées de 50 ans ayant une durée de sommeil inférieure ou égale à cinq heures par nuit. Ces résultats montrent l’importance du sommeil de promouvoir une bonne hygiène de sommeil des populations en ciblant les habitudes de vie et les conditions environnementales qui affectent la durée et la qualité du sommeil pour améliorer l’été de santé des populations. [1] Dans le cadre du suivi de la cohorte britannique Whitehall II, les scientifiques examinent les conséquences des facteurs sociaux, économiques, biologiques et de mode de vie sur la santé à long terme. [2] Les informations de santé sont obtenues grâce à des questionnaires ainsi qu’à des examens cliniques réalisés tous les 5 ans dans le cadre du suivi de la cohorte (examens sanguins et électrocardiogrammes). Elles sont complétées par des données électroniques de santé (accès par exemple au registre des hospitalisations).